Le service citoyen, pour servir la nature

L’environnement est au tout premier rang des préoccupations des jeunes de 18 à 34 ans. C’est ce que révélait, en novembre dernier, notre sondage « Générations Quoi ? ». Il a également mis en lumière que 80 % des jeunes étaient favorables à la création d’un service civil obligatoire.

Depuis peu, il existe à nouveau un service citoyen (SC), mais sur une base volontaire. « Il a été lancé en phase pilote en Wallonie entre 2011 et 2013, et puis a subi une interruption jusqu’en septembre 2016, avant de reprendre cet automne, indique François Ronveaux, directeur de la plateforme pour le service citoyen (1). Une centaine de jeunes Wallons ont déjà réalisé un SC en Wallonie. » A Bruxelles, environ 120 jeunes âgés de 18 à 25 ans, de tous horizons sociaux et culturels, y participent chaque année depuis 2014.

Concrètement, le jeune s’engage à aller prêter main-forte durant six mois dans une structure de son choix. Maxime et Valentin (lire leur témoignage ci-dessous) ont choisi de s’investir dans la préservation de l’environnement et les potagers bio. Du lundi au jeudi, à raison de 28 heures par semaines, ils rendent service à la communauté.

A défaut de salaire, ils reçoivent une indemnité de 10 euros par jour – et de 100 euros par mois maximum pour leurs frais de déplacement –, cumulable avec les allocations familiales, indemnités de chômage, CPAS ou aide au logement perçues par le jeune.

« La plupart des jeunes qui participent au SC ignorent ce qu’ils veulent faire de leur vie. Cette expérience nous permet d’y réfléchir », explique Valentin. Il fait partie des 20 jeunes inscrits à la promotion de novembre.

Qui sont ces jeunes qui se portent volontaires pour insuffler plus de solidarité ? On compte 6 garçons pour 4 filles. La plupart sont inoccupés depuis moins d’un an (64 %) et peu diplômés (34 % ont au maximum le certificat d’études de l’enseignement secondaire contre 7 % un master et 9 % un bac). L’expérience semble grandement bénéfique puisque dans les six mois qui suivent la fin du service citoyen, minimum 65 % des jeunes sont activement sur les rails pour leur avenir : 32 % travaillent et 33 % se forment.

Envie d’y participer ? Une prochaine promotion débute le 23 janvier. Aucun diplôme n’est requis. La règle en vigueur, c’est « premier arrivé, premier inscrit ».

(1)  www.service-citoyen.be

Témoignages

Valentin Vanderschrick : « Je reprends confiance en moi »

Depuis début novembre, du lundi au jeudi, Valentin Vanderschrick prend 2 trains et 2 bus tous les matins pour rallier Chaumont-Gistoux à Gembloux. Qu’importe l’aventure quotidienne du transport, c’est avec le sourire et le cœur léger qu’il se rend à son service citoyen (SC) au potager d’Ekikrok, une ASBL de promotion de l’alimentation saine et durable.

« C’est une expérience enrichissante, riche en belles rencontres. On travaille dehors, dans la terre – ça sent bon ! – avec des experts passionnés par leur domaine. Et comme il n’y a pas de rémunération, ils sont très prompts à parler, à m’apprendre plein de choses. Sur le terrain, on travaille avec des personnes handicapées, ça fait du bien de parler avec innocence et de pouvoir s’ouvrir à d’autres. L’entraide est source de joie. L’altruisme est une valeur essentielle pour vivre dans un monde meilleur. C’est pourquoi toutes les missions du SC sont des missions du futur. »

C’est sur un set de table dans un snack que Valentin, 20 ans, a découvert l’existence du SC. La semaine suivante, il commençait l’expérience. « Ce qui m’intéressait c’était de décoller du bitume de Louvain-La-Neuve et de ses soirées. Au SC, on apprend à se prendre en mains, à devenir plus mature. C’est une passerelle bénéfique pour le futur. Pour ma part, je réfléchis désormais à reprendre des études qui me serviront ensuite à pouvoir aider les gens. L’écologie sociale m’intéresse. »

Depuis la fin de ses secondaires générales, Valentin a essayé 2 cursus, l’agronomie et la sociologie, mais les a abandonnés en cours de route, faute de motivation et de maturité suffisantes. « Quand tu ne sais pas quoi faire de ta vie, ta confiance en toi baisse. Grâce au SC, je suis désormais sur la bonne voie, je sors du trou que je m’étais creusé. »

« Je suis inscrit au Forem mais je ne veux pas être chômeur d’ici quelques mois. Je ne veux pas juste gagner du fric, je veux un boulot qui me plaît. Je veux continuer à être heureux de me lever le matin. C’est une question de bien-être. »

Maxime Cornez : « Une première expérience pour mon CV »

Pour Maxime Cornez, 22 ans, l’aventure a débuté le 21 novembre 2016 à la réserve naturelle de l’étang de Virelles. Il y est comme un poisson dans l’eau. C’est que les activités menées dans le cadre de son service citoyen collent parfaitement avec ses études secondaires orientées technicien de l’environnement et la formation complémentaire en parcs et jardins qu’il a bouclée en juin dernier. Cette première expérience de travail, c’est indéniablement un plus pour son CV.

Ses activités sont variées. « Avec l’équipe technique, je participe à l’entretien des parterres, à la coupe d’arbres malades. Aussi, j’ai participé à une animation dans l’école primaire de Froidchapelle, on a planté un arbre avec les élèves. Et au sein du Creaves (Centre de revalidation pour la faune sauvage) de la réserve, je soigne des animaux malades ou blessés trouvés par les citoyens dans leur jardin ou sur la route. » Hérissons, goéland, cygne, buse, chouette hulotte, fouine, chauve-souris et même un grand-duc lui doivent une sacrée chandelle.

Pourquoi s’être lancé dans un SC ? Fin juin, son diplôme en poche, Maxime entame le parcours du combattant : « Après avoir envoyé des dizaines de courriers pour obtenir un emploi, auxquelles bien peu ont répondu, et toujours par la négative. Au bout de trois mois, j’en avais marre de ne pas travailler. Ma grand-mère m’a alors parlé du service citoyen après avoir lu un article à ce sujet dans le journal. J’ai lu l’article à mon tour, jeté un œil sur internet et j’ai contacté la coordinatrice pour la Wallonie. Je l’ai rencontrée à Namur en octobre, et un mois plus tard je commençais mon SC à Virelles », explique-t-il enchanté par l’expérience.

Au début janvier, Maxime mettra le cap sur la Gaume. Durant un mois, il prêtera main-forte dans une réserve naturelle, avant de revenir à Virelles. Pour lui épargner plus de 150 km quotidiens, un logement lui est fourni sur place gratuitement. « Mes parents m’y conduisent le dimanche soir et je reviens à la maison le jeudi soir suivant. »