Sun for Schools, la start-up qui utilise le soleil comme outil pédagogique

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Aux Servites, Sun for school a installé 124 panneaux photovoltaïques qui produisent l’équivalent de la consommation de 10 ménages par an. Sylvain Piraux.
Aux Servites, Sun for school a installé 124 panneaux photovoltaïques qui produisent l’équivalent de la consommation de 10 ménages par an. Sylvain Piraux. - Sylvain Piraux.

T ous ces cyclones, le niveau des océans qui monte, c’est le résultat de toutes nos années de pollution. Il est temps pour nous d’agir. Et pas forcément en faisant de grandes choses. » Au milieu de l’école des Servites de Marie, à Uccle, Adrien, Vladimir, Jérémy et Charles ont leur petite idée sur la façon de réduire leur empreinte carbone. « Il faut absolument supprimer les carburants fossiles des moteurs des voitures. Mais il est aussi possible d’apporter sa pierre à l’édifice par de petits gestes comme ne plus utiliser d’eau potable pour les toilettes ou pour laver les voitures mais de l’eau de pluie. Il faut aussi manger bio le plus souvent possible et installer des panneaux solaires chez soi pour consommer moins d’énergie fossile. »

Concrètement, les quatre élèves de 6e primaire sont déjà passés à l’acte grâce à leur école qui a reçu le label européen Eco-School. « Notre école dispose de son potager, de ruches, de clapier et d’un poulailler, explique Julie Cocriamont, enseignante. Depuis peu, nous avons une cuisine pédagogique dans laquelle les enfants préparent les légumes de notre potager. Au-delà de ça, nous incitons à la mobilité douce, nous exigeons des élèves qu’ils consomment des collations zéro déchets et saines. »

240 panneaux photovoltaïques

Désormais, les Servites de Marie ont encore franchi un palier en rejoignant l’initiative Sun for Schools qui leur permet d’être équipées de 124 panneaux photovoltaïques sans bourse délier. Un projet mené par Alexandre Pirson, un jeune ingénieur particulièrement sensible aux questions énergétiques. « Tout est parti de plusieurs constats, commente le jeune entrepreneur. Tout d’abord, les bâtiments scolaires sont responsables d’importantes émissions de CO2  : l’équivalent de 10 tonnes pour une école fondamentale et 40 tonnes pour une secondaire. Rien qu’à cause de leur consommation d’électricité qui peut atteindre 200.000 kwh pour un établissement secondaire. Ce qui peut représenter un budget de 30.000 euros. »

La solution passe donc, selon Alexandre Pirson, par l’installation de panneaux photovoltaïque. Ce qui n’est pas toujours aisé. « Il existe des contraintes administratives lourdes à la mise en place de tels projets, concède le jeune patron. Sans oublier que les directions et enseignants ne sont pas formés à la gestion de tels projets. De plus, les écoles n’ont tout simplement pas les moyens d’investir dans des centrales photovoltaïques. »

En créant Sun for Schools, Alexandre Pirson s’est dès lors donné pour mission d’équiper les écoles d’une installation photovoltaïque sans aucun financement de leur part. En allant plus loin aussi. « Pour que la démarche soit réellement durable, nous veillons à ce que les écoles participantes impliquent l’ensemble de leur communauté tout au long du programme. Nous avons donc mis au point des programmes adaptés aux besoins de chaque établissement. Ils portent sur de l’information et de la mobilisation des élèves, des enseignants mais aussi des parents autour des enjeux liés au développement durable. »

Il n’a pas fallu longtemps pour que Gaëtane Delame, directrice des Servites de Marie, soit convaincue. « Le projet présenté par Sun for Schools allait dans le même sens que nos projets verts déjà en place et qui ont pour but de diminuer notre empreinte énergétique. Nous avons immédiatement informé un premier noyau d’enseignants et une information plus générale à destination de tous a été donnée. A nous désormais de faire vivre le projet à travers les élèves et leurs parents. »

« Les plus grands sont responsables et expliquent le développement durable au plus petites, embraie Julie Cocriamont. Ce sont nos ambassadeurs. Pendant les cours, ils doivent réaliser des exposés qu’ils écrivent avant de les présenter. Au-delà de l’éveil, ils utilisent donc aussi l’orthographe et la grammaire. Ils aiment parce qu’ils se sentent responsables. »

Aux Servites, Alexandre Pirson a installé 124 panneaux photovoltaïques. « Ils produisent l’équivalent de la consommation de 10 ménages par an, affirme-t-il. De la sorte, huit tonnes de CO2 seront évitées chaque année et l’école fera plus de 50.000 euros d’économies sur 25 ans. » Déjà présente dans six écoles bruxelloises, Sun for Schools y a installé un total de 1.200 panneaux et leur promet des économies à hauteur de 510.000 euros. Sur quel modèle économique puisqu’aucun financement n’est demandé aux écoles ?

« Nous avons créé Enerschool qui est une coopérative citoyenne dont l’objet social est le financement de projets de production d’énergies renouvelables, explique le jeune entrepreneur. Elle assure le financement et reste propriétaire des installations pendant dix ans. La coopérative se rémunère grâce aux certificats verts et aux redevances payées par les écoles à travers les gains obtenus sur leurs factures d’électricité. Nous comptons aussi sur les dons de parents ou de partenaires ainsi que sur l’aide de plusieurs banques. Les coopérateurs reçoivent, eux, un dividende de 2 % de la part d’Enerschool. Certains peuvent aussi bénéficier du tax shelter. » La sonnette retentit. Les élèves quittent les poules et les lapins. Direction la classe.

Céline Frémault: «Des primes et des certificats verts»

Par Frédéric Delepierre

Présente ce vendredi aux Servites de Marie, la ministre bruxelloise de l’Energie et de l’Environnement a tenu à expliquer aux élèves de 5e primaire les enjeux de la lutte contre le réchauffement climatique. « Nous connaissons le problème des factures élevées des collectivités telles que les écoles, les crèches ou les universités, commente la ministre. Elles alourdissent les charges de ces établissements qui ont bien besoin de leur budget pour se focaliser sur l’enseignement. Nous intervenons pour les changements de châssis ou de chaudière qui permettent de réduire la consommation d’énergie. En tant que Région, nous devons participer au changement. Notre intervention prend la forme de primes ou de certificats verts. Ils ont d’ailleurs été revalorisés récemment. Nous développons aussi des programmes pour permettre aux acteurs de terrain de s’emparer des outils qui réduisent la facture énergétique. La raison pour laquelle nous soutenons l’action de Sun for Schools est notamment qu’elle joue la carte de l’éducation et de la sensibilisation. C’est pourquoi nous n’avons pas hésité un instant à lui attribuer une prime de 10.000 euros. »