La chaleur s’installe en ville

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La présence d’espaces verts et d’eau dans les villes sera un élément essentiel à l’avenir. © Mathilde Steiler.
La présence d’espaces verts et d’eau dans les villes sera un élément essentiel à l’avenir. © Mathilde Steiler. - Mathilde Steiler

Les scientifiques n’en font pas mystère : avec l’élévation progressive de la température moyenne au niveau global, les événements météorologiques extrêmes risquent d’être plus fréquents et plus extrêmes. Parmi ceux-ci : les vagues de chaleur et les périodes de sécheresse.

L’Institut royal météorologique a déjà montré que depuis le début du XXe siècle, la tendance à l’augmentation du nombre de jours de canicule (température maximale est supérieure ou égale à 30ºC) « est indiscutable ». Quant aux vagues de chaleur elles sont « en hausse significative » depuis le début des années 1990.

Que se passera-t-il à l’avenir, avec une température mondiale qui pourrait augmenter de 2ºC en moyenne d’ici à la fin du siècle ? Des chercheurs belges de la KUL ont étudié la question pour nos latitudes.

Vague de chaleur : de 6 à 17 jours

A l’heure actuelle, constatent-ils, des villes comme Anvers ou Bruxelles connaissent en moyenne six journées de vague de chaleur par an. Par vague de chaleur, ils entendent une période de trois jours consécutifs avec une température maximale de plus de 30ºC et une température minimale de plus de 18ºC. Ces six jours deviendront 17 jours par an d’ici à 2040, prévoient les chercheurs qui publient dans le magazine Geophysical Research Letters. Dans la campagne, les 2 jours de vague de chaleur deviendront 7 jours.

L’analyse a permis de descendre à une résolution de 8 km2, ce qui permet d’établir une distinction entre les villes et les campagnes. Les zones de béton, de pavé et d’asphalte qui absorbent et retiennent davantage la chaleur sont moins bien loties. Si, la nuit, la différence de température avec le milieu rural diffère généralement de 1 à 3ºC, ce différentiel grimpe sensiblement en cas de vague de chaleur : il peut aller de 8 à 12º. Cette différence est connue sous le nom d’« îlot de chaleur urbain ».

Les vagues de chaleur peuvent entraîner une surmortalité, accroître la consommation d’énergie et les dégâts aux infrastructures, avertissent les chercheurs louvanistes.

Cependant, en accroissant les espaces verts, la présence d’eau et en limitant la présence du béton, les autorités locales peuvent rendre les choses moins pénibles, voire compenser l’impact du réchauffement. Par ailleurs, rappellent-ils, l’empreinte carbone des urbains est moins importante que celle des ruraux et en rendant villes et villages plus « compacts », on peut encore fortement réduire ce poids pour l’environnement.

L’ouragan Marie fonce sur la Martinique

La Martinique est passée lundi en alerte violette cyclonique et la Guadeloupe en alerte rouge à l’approche de Maria, ouragan « majeur » de catégorie 3, une dizaine de jours après le passage ravageur d’Irma à Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Le gouvernement français, accusé par une partie de l’opposition et des habitants sur place d’avoir tardé à envoyer secours et renforts policiers dans les deux îles où Irma a fait 11 morts et des centaines de millions d’euros de dégâts, a annoncé l’envoi de 110 militaires de la protection civile en Guadeloupe.

Saint-Martin et Saint-Barthélemy, qui devraient voir passer Maria à 150 km au sud de leurs côtes « dans la nuit de mardi à mercredi », selon Météo France, ont été placées en vigilance orange. Avec des vents soufflant jusqu’à 195 km/h, Maria n’était plus qu’à 95 km à l’est de la Martinique, lundi soir. L’alerte violette est le plus haut niveau d’alerte. Elle entraîne le confinement de la population. En Guadeloupe, que l’ouragan devait approcher dans la nuit de lundi à mardi, on attend des vents moyens de 120 à 150 km/h et des rafales à 200 km/h et des vagues de 8 à 10 mètres.