Glyphosate: l’industrie attaque l’interdiction, le Wallon Carlo Di Antonio garde le cap

Le ministre wallon de l’Environnement, Carlo Di Antonio © Le Soir/Sylvain Piraux
Le ministre wallon de l’Environnement, Carlo Di Antonio © Le Soir/Sylvain Piraux

Le ministre wallon de l’Environnement, Carlo Di Antonio (CDH), considère avec une certaine philosophie le recours que Phytophar, l’association de l’industrie des produits phytopharmaceutiques a introduit devant le conseil d’Etat. Cette action, indiquait jeudi matin nos confrères de l’Echo, conteste un arrêté wallon interdisant l’utilisation de l’herbicide glyphosate par les particuliers en Wallonie. Phytophar avait déjà introduit un recours similaire contre une ordonnance bruxelloise interdisant également le glyphosate sur le territoire de la Région. Elle pourrait faire de même contre la Flandre.

« Phytophar contestait déjà le décret pesticides devant la Cour constitutionnelle, estimant que cette question n’est pas de compétence régionale, indique Di Antonio. En ce qui concerne l’arrêté du 30 mars 2017, nous avons consulté le Conseil d’Etat qui sur le fond n’y a rien trouvé à redire ».

« Protéger, c’est ma compétence »

Phytophar accuse les Wallons et les Bruxellois d’avoir pris une mesure basée sur des considérations politiques plutôt que scientifiques. « Je disposais, pour me prononcer, d’un ensemble d’études scientifiques contradictoires. J’aurais pu décider différemment, mais j’ai voulu appliquer le principe de précaution, rétorque Di Antonio. Tous les scientifiques sont d’accord pour dire que le principal problème du glyphosate c’est le contact cutané lors de l’utilisation. Des personnes non formées qui utilisent ce produit sont particulièrement exposées. Protéger leur santé d’un risque environnemental est entièrement de ma compétence ».

Pour le reste, le ministre ne s’étonne pas de l’action du secteur. « Les chutes des ventes ont dû être significatives. Le signal qui a été donné au public est de nature à le décourager d’utiliser du glyphosate ». Reste à savoir si le nouveau ministre de l’Agriculture, Denis Ducarme (MR) suivra l’inclination de son prédécesseur Willy Borsus – devenu ministre-président wallon – et décidera d’interdire ou de limiter la mise sur le marché du glyphosate en Belgique. « J’espère qu’il le fera », conclut Di Antonio, qui insiste également sur le développement des alternatives aux pesticides de synthèse.