Un G100 pour rêver son village

Les citoyens se sont mis à turbiner de concert pour faire éclore des rêves communs pour leur commune. © D.R.
Les citoyens se sont mis à turbiner de concert pour faire éclore des rêves communs pour leur commune. © D.R.

E nsemble, maintenant, nous prenons soin de tous et des générations futures ! » Telle est la devise du G100 d’Eghezée-Fernelmont, une initiative apolitique émanant des citoyens de ces deux bourgs du Namurois. Elle a été lancée par une dizaine de villageois dans le sillage du film Demain de Cyril Dion.

Un G100, késako  ? Il s’agit d’une initiative citoyenne qui consiste à rassembler une centaine de participants qui rêvent d’initier un mouvement de transformation dans leur commune. Et ce afin « de voir ensemble comment on peut améliorer le bien-être communal brut. Autrement dit, qu’est-ce que nous pouvons faire en tant que citoyens pour améliorer notre vie quotidienne », explique Jean Annet, une des chevilles ouvrières de la première heure du G100 Eghezée-Fernelmont.

Ce qui sous-tend la démarche de cette initiative citoyenne est de « réunir toutes les richesses individuelles, tous les talents, les savoir-faire que nous portons et que nous pouvons partager ensemble pour notre bien-être ».

C’est ainsi que fin avril dernier, durant tout un week-end, les membres du G100 Eghezée-Fernelmont se sont retrouvés à Boneffe. Avec l’aide de l’animateur de changement, Jean-Louis Lamboray, et de son équipe, les cerveaux de la soixantaine de participants présents se sont mis à turbiner de concert pour faire éclore des rêves communs pour leur commune. En appliquant la bienveillante méthode Salt (lire encadré ci-contre), ils sont partis des besoins individuels fondamentaux vers une démarche collective concrète et active.

Ça vous paraît flou ? Alors plongeons dans les exemples. D’ici trente ans, ces citoyens se voient vivre, eux mais aussi la génération suivante, dans un écrin vert où le respect de la nature sera roi. Les liens sociaux seront forts entre les générations tandis que l’intégration des nouveaux venus sera prise à bras-le-corps. Les circuits courts seront désormais la norme, de même que la production locale d’énergie propre et le recours à la mobilité douce grâce à une multitude de tracés sécurisés inter-villages. Part belle sera faite au soutien à l’économie locale via, entre autres, le Lumsou, monnaie citoyenne du bassin namurois déjà en circulation. Au total, douze bonnes pratiques, volontairement larges dans leur définition, ont émergé du G100. « Le but est que dans trente ans, ces pratiques soient devenues naturelles et quotidiennes pour tous », explique l’un des participants.

Et pour que ces belles idées se construisent et finissent par prendre corps, les citoyens ont, par petits groupes, commencé à définir les actions à mener. Le 18 juin, ils se sont à nouveau retrouvés afin de prolonger la réflexion entamée en avril. Premier point : inutile de réinventer la roue. Avant toute chose, les actions d’ores et déjà mises en place par le pouvoir politique ou par les citoyens ont patiemment été listées pour chacune des douze pratiques.

Ensuite, les nouvelles actions à mener pour parvenir à concrétiser ces pratiques sont identifiées via un processus participatif. Si ce travail a été amorcé lors des rencontres en groupe, il perdure au gré des disponibilités de chacun via un outil internet (Trello, un genre de post-it virtuels) ouvert à tous les membres.

Par exemple, dans le but de respecter la nature, les idées fusent. Et si on créait un nouveau jardin collectif ? Comment faire pour aider les abeilles ? Si l’on constate des déchets sur la voie publique, pourquoi attendre que la commune s’en charge ? Faisons-le nous-mêmes ! C’est ainsi que le nettoyage des quartiers par les citoyens est à l’ordre du jour du futur. Et pour exploiter les canettes vides, une idée d’atelier de sculpture émerge.

Quid de la création de lien social, intergénérationnel ? Les idées ne manquent pas non plus. Les citoyens aimeraient disposer d’un local pour organiser des débats citoyens. On pourra ainsi compter sur divers ateliers allant de la peinture au scrapbooking, un club de lecture et un… cinéma pizza à la campagne. Sans oublier le traditionnel barbecue estival et le développement de cachettes « géocaching ». L’idée serait de « créer des caches à Eghezée et Fernelmont avec un quiz sur le patrimoine, par exemple. On pourrait aussi créer un parcours spécial parmi les producteurs locaux et les artisans  », mentionne Christine Delmotte, porte-parole de ce pan de projet.

Le prochain rendez-vous du G100 est pris pour le 22 octobre. D’ici là, il est à parier que d’autres idées viendront enrichir les réflexions. Et peut-être même sortiront déjà de terre pour plus de bonheur citoyen.

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