Douze nouvelles espèces exotiques et envahissantes au tableau européen

Le rat musqué © D.R.
Le rat musqué © D.R.

La liste des « aliens » s’allonge : 12 nouvelles espèces animales et végétales viennent d’être ajoutées aux 37 espèces exotiques envahissantes que l’Europe veut bannir de son territoire ou à tout le moins contrôler. Parmi ces espèces, certaines sont assez répandues en Belgique. C’est le cas de l’ouette d’Egypte, une grande oie avec une tache brun-chocolat autour de l’œil, du rat musqué, du chien viverrin, de la balsamine de l’Himalaya, de la berce du Caucase et de l’élodée de Nuttall, une plante d’aquarium et d’étangs qui a la fâcheuse tendance à prendre la tangente et à coloniser l’environnement.

Le homard respire

Point de homard d’Amérique sur la liste en revanche. L’idée avait fait bondir les Canadiens et avait tendu les relations entre Ottawa et Bruxelles. Il a finalement été jugé que les « intérêts socio-économiques » des importations de homard dépassaient les éventuelles nuisances provoquées par l’animal et que le règlement européen contenait des mesures trop restrictives. Quant aux éleveurs de rat musqué pour la fourrure, ils obtiendront des conditions exceptionnelles permettant la poursuite de leur commerce.

On estime que 10 à 15 % des 12.000 espèces exotiques observées dans l’Union européenne sont susceptibles d’occasionner des dommages à l’environnement, à la santé humaine et à l’économie. Une fois la liste des exotiques envahissantes prioritaires publiée, il est interdit d’importer, de vendre, de détenir, d’élever, d’introduire dans la nature les espèces concernées. Les commerces comme les jardineries disposent d’un an pour écouler leurs stocks. Certaines espèces bannies n’ont pas encore mis le pied sur le sol européen mais leur potentiel invasif prouvé ailleurs et les dégâts qu’elles peuvent potentiellement provoquer justifie cette mesure de prévention.

Endéans l’année, chaque Etat membre décide des mesures de gestion applicable aux aliens. Il peut décider de les éradiquer si la population est encore suffisamment réduite, de les confiner comme la Belgique le fait avec les écureuils de Corée admis en forêt de Soignes mais éliminés s’ils en sortent, ou en atténuer le risque en réduisant les populations ou les nuisances. C’est ce que la Wallonie fait avec la balsamine, présente sur un quart du linéaire des cours d’eau, que l’on combat ponctuellement en cas de trop gros souci, par exemple pour l’accès à l’eau. Des actions sont aussi déjà prises contre la berce du Caucase et contre le rat musqué.

Il va falloir gérer

« Nous devons encore discuter des méthodes de gestion appropriées pour les espèces nouvellement désignées », indique Etienne Branquart, expert « ès invasives » à la Région wallonne. Un accord de coopération, à la signature dans les Régions et au fédéral (responsable des importations et de la mer du Nord) prévoit une coordination des actions et la mise en place de diverses instances administratives et scientifiques pour mieux lutter contre les envahisseurs.

La précédente liste comprenait 21 espèces déjà bien implantées dans nos contrées comme l’écureuil de Corée, la grenouille taureau ou le raton laveur. Ensuite ? Une troisième liste est en préparation. L’idée d’y inscrire le vison d’Amérique promet déjà de belles empoignades avec le lobby de la fourrure…