Le déchet, ce nuisible à éviter

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Les membres de l’association «
Zero Waste
» souhaitent réduire leur impact sur l’environnement en faisant maigrir leur poubelle.
Les membres de l’association « Zero Waste » souhaitent réduire leur impact sur l’environnement en faisant maigrir leur poubelle. - Belgaimage.

M oins, c’est plus  », c’est ainsi que Cécile résume le style de vie zéro déchet. Elle l’a découvert en 2014. «  Après une période de transition d’un an durant laquelle j’ai dû me séparer de pas mal d’objets et d’habitudes, je me suis débarrassée de ma poubelle. Depuis lors, tous mes déchets entrent dans un bocal à confiture. Trouver des astuces pour réduire mes déchets est devenu une passion que j’ai envie de partager avec tous ceux qui ont envie de se simplifier la vie et de vivre en phase avec leurs valeurs écologiques.  »

Ils sont une vingtaine, l’un ou l’autre quinqua ou sexa mais pour la plupart âgés entre 25 et 40 ans, à avoir rejoint Marc, un autre ambassadeur de l’association Zero Waste Belgium, sur une place de Bruxelles. Conscientisés à la protection environnementale, certains horrifiés par la montagne d’emballages qui passent entre leurs mains chaque année, ils souhaitent réduire leur impact sur l’environnement en faisant maigrir leur poubelle. Et pourquoi pas, atteindre le graal, soit l’absence de production de déchets, même si pour beaucoup cela revêt de l’utopie.

« Contenants bienvenus »

C’est parti pour une balade à pied dans le quartier afin de découvrir les bonnes adresses « zéro déchet » : des magasins avec au minimum un rayon vrac, où l’on peut remplir ses bocaux et sacs réutilisables de l’exacte quantité de denrées dont on a besoin, mais aussi des échoppes de boulanger ou de boucher qui acceptent volontiers de remplir les contenants apportés par les adeptes du zéro déchet. Certains de ces commerçants affichent désormais un autocollant « contenants bienvenus » sur leur devanture. Au fil des rues, d’autres alternatives zéro déchets sont mises en avant, comme les bibliothèques et ludothèques, les composts de quartier ou encore les magasins de seconde main.

Outre ces balades pédestres, l’association organise des ateliers couture « The Taste of No Waste » pour apprendre au quidam à confectionner, sous la houlette de couturières passionnées et à partir de tissus de seconde main, ses propres sacs à vrac. Ou son sac à baguette, comme ce mercredi 16 mai, de 14h30 à 17h, à la Maison des femmes de Schaerbeek. Grâce à Huguette la brodeuse, Il est même possible de personnaliser son sac. Alors que l’association met à disposition machines à coudre, fils et tout le matériel nécessaire, le prix est doux, libre et conscient avec une participation minimale fixée à 5€.

« Partage d’expérience »

Quant à la « Zero Waste Experience », c’est du coaching zéro déchet personnalisé.«  Nous pensons qu’il n’existe rien de mieux que le partage d’expérience pour apprendre à vivre en mode zéro déchet , explique-t-on au sein de l’association Zero Waste Belgium. C’est pourquoi nous mettons en relation des citoyens en quête d’informations pour se lancer ou avancer dans une démarche zéro déchet et des volontaires engagés dans le zéro déchet pour les coacher afin de créer une dynamique citoyenne locale. C’est une manière d’échanger tous les trucs et astuces et toutes les bonnes adresses du zéro déchet entre voisins. » L’expérience se met notamment en place à Forest et à Watermael-Boisfort.

Toutes ces actions visent le même but : faire diminuer la production annuelle de déchets des Belges. Elle atteint aujourd’hui le chiffre faramineux de 418 kilos de déchets par tête de pipe.

Des familles (presque) zéro déchet

Par L. Th.

La famille « zéro carabistouille », comme elle affectionne s’appeler, vit à Etterbeek. Depuis fin 2015, Sylvie, Pierre et leurs deux filles Naïs et Una se sont lancés dans l’aventure « zéro déchet ». Le déclic s’est produit alors que Sylvie assistait à Namur à une conférence de la franco-américaine Béa Johnson, papesse mondiale du Zéro Déchet qui parvient à faire tenir les déchets annuels de sa famille de 4 personnes dans un bocal d’un litre.

«  Ça a été une révélation pour moi. Elle prouvait en personne que l’on peut être à l’encontre du système de consommation, sans devoir s’habiller avec des habits troués, sans devoir manger des graines tous les jours et sans devoir renoncer à tout. Elle m’a tout naturellement mise sur le chemin de la simplicité volontaire. La lecture de son livre « Zéro Déchet » a chamboulé mon mode de vie et mes habitudes.  » Depuis lors, les déchets de sa maisonnée n’excède plus une poubelle ménagère par an.

Ses nombreux trucs et astuces, elle les partage sur son blog (1). Elle les a compilés dans un livre « Le zéro déchet sans complexes » et les divulgue lors des conférences qu’elle donne partout en Belgique, comme le samedi 26 mai, lors de la fête « Le bonheur est dans le quartier » à la gare de Watermael.

Une autre famille, française celle-ci, s’illustre dans ce changement de vie sans déchet. Il n’a fallu que deux ans à Jérémie, Bénédicte, Mali et Dia pour réduire leurs déchets à un litre par an. Si cette démarche a drastiquement allégé leur poubelle, elle a aussi fait du bien à leur portefeuille. «  La première année, on a fait environ 20 % d’économies. Aujourd’hui, on en est à 30 %, se réjouit Jérémie, père de la famille « (presque) Zéro Déchet » (2).Pour les familles des classes populaires, très exposées à l’appel des sirènes du marketing de la grande distribution, le zéro déchet leur permet de consommer moins et mieux. Et par là, de réaliser de belles économies. Nous, on a clairement gagné en qualité de vie. »

(1)  https ://zerocarabistouille.be/

(2)  http://www.famillezerodechet.com/

Partir en vacances en mode Zéro Déchet

Par L. Th.

L es congés sont souvent synonymes d’orgies de déchets. Rien que le départ vers le soleil se solde par une montagne d’emballages oubliés sur les aires de repos des autoroutes. Une astuce simple pour les éviter : prévoir des gourdes bien remplies, des serviettes en tissu, des sandwiches emballés dans des sachets réutilisables et tout autre délicieux pique-nique fait maison transporté dans des récipients que l’on réutilisera par la suite. Valérie, membre de l’association Zero Waste Belgium, donne d’autres trucs pour perpétuer ses bonnes habitudes zéro déchet en vacances.

Tout d’abord, il convient de préparer le terrain. «  Avant de partir, prenez le temps de faire une recherche sur internet : quels sont les commerces de proximité – boulanger, fromager, boucher – les plus proches de votre lieu de séjour ? Identifiez aussi les jours de marché, les magasins bio et vrac du coin.  » Et bien sûr, pensez à mettre dans votre valise ou dans le coffre de la voiture, vos sacs à vrac et, si possible, quelques bocaux.

Quant à la trousse « salle de bain » zéro déchet, elle n’est pas plus encombrante que sa cousine lourde d’emballages. Au diable gels douches en flacon monousage, rasoirs en plastique, cotons démaquillants jetables et cotons-tiges. «  La trousse zéro-déchet comprend du shampoing solide, une brique de savon ou gel douche maison, des lingettes en coton lavables, un rasoir de sûreté, un oriculi et du dentifrice maison.  »

Si vous n’êtes pas tenu par la taille ou le poids d’une valise, profitez-en pour embarquer quelques produits de nettoyage zéro déchet. Chiffons en microfibres, vinaigre, cristaux de soude, bicarbonate de soude et savon de Marseille sont vos meilleurs amis pour garder votre poubelle au régime, au nord comme au sud.