Vert d’Iris boucle la boucle

© Dominique Duchesnes
© Dominique Duchesnes

R ien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. » Cet adage de Lavoisier, Vert d’Iris l’applique à la lettre depuis quatre ans. La coopérative dispose de deux potagers dans le quartier de Neerpede, à Anderlecht. Le principal dispose de 32 ares de culture éco-intensive sur lesquels on cultive un peu de tout : différentes variétés de tomates, piments, concombres, fleurs comestibles, basilic, laitue et verdure d’hiver, oignons, moutarde, origan, épinards, choux, haricot. Bref, il y a peu de légumes introuvables dans ce bout de campagne anderlechtoise.

© Dominique Duchesnes
© Dominique Duchesnes

« Nous disposons sur ce site de 40 planches à l’extérieur et de 50 planches sous serre, ce qui nous permet de cultiver toute l’année », explique Niels, un des responsables du pôle maraîchage de Vert d’Iris, en pleine cueillette des dernières tomates pour la livraison du jour.

Effectivement, malgré la grisaille et la pluie, la température sous la serre est telle qu’on pourrait presque y faire pousser des plantes tropicales.

La coopérative à finalité sociale dispose d’un second potager, InnRGreen, lui aussi situé à Anderlecht. « Mais InnRGreen n’est pour l’instant pas très productif à cause de son sol plutôt difficile. Des arbres fruitiers y ont toutefois été plantés. » La production de la coopérative est vendue aux particuliers du lundi au vendredi de 10 à 16 heures. Mais elle est également livrée du mardi au vendredi à différents points de vente partenaires ainsi qu’à une vingtaine de restaurants. Niels estime effectuer en moyenne cinq livraisons par semaine.

© Dominique Duchesnes
© Dominique Duchesnes

Jusque-là, rien d’extraordinairement original. Mais la coopérative a eu l’idée de boucler la boucle de ce commerce de circuit court. En compostant les déchets récupérés dans les restaurants partenaires. « La volonté à la base est de limiter les déchets, qu’ils proviennent de produits invendus, d’épluchures, de trognons. La règle, c’est “rien de cuit, pas de viande ni de restes de plats”. Cela nous permet ensuite de fertiliser nos planches de cultures. Pour le moment, on n’en est encore qu’au début du projet et l’échelle est encore petite : on ne dispose encore que de dix composteurs d’un mètre cube. Cela ne nous permet pas encore de récupérer les déchets de tous nos partenaires », remarque Marie, responsable du projet de compostage.

Les déchets ainsi recyclés nourrissent le sol. « Si on remplit la cuve en une fois, il faut trois mois pour obtenir un mètre cube de compost bio. Et une de ces cuves nous permet de régénérer le sol de dix planches environ, soit pendant la culture, soit après, selon les besoins de la plante cultivée. »

© Dominique Duchesnes
© Dominique Duchesnes

Vert d’Iris travaille également en partenariat avec Champignons de Bruxelles pour récupérer le terreau utilisé pour la culture de champignons. « Cela nous permet d’utiliser le mycélium toujours présent dans les substrats. Ce dernier est un acteur très important pour la vie du sol. Il nous permet d’enrichir la terre du second potager InnRGreen. Cela nous permet même de récolter quelques champignons. »

Peu avant 14 heures, il est temps d’effectuer la première livraison de la journée. Miguel embarque les fraises, tomates, salades et basilic dans la camionnette, direction le quartier de la gare du Midi pour livrer Entre-Nous, un restaurant qui prône les circuits courts et l’alimentation durable. A tel point qu’il propose même des formations et ateliers deux fois par semaine pour sensibiliser sa clientèle à ces questions.

© Dominique Duchesnes
© Dominique Duchesnes

Les bottes un peu crottées, Miguel entre dans le resto de Sara et dépose les denrées tout juste cueillies, avant de partir, sac de déchets compostables dans les mains.

« Je me fais livrer par Vert d’Iris une fois par semaine, explique la patronne. Je travaille aussi avec d’autres producteurs. C’est vrai que c’est plus compliqué que de travailler avec un grossiste, dit-elle encore. Il y a aussi quelques aléas. J’avais par exemple commandé cinq raviers de fraises mais je n’en ai reçu que trois. Quant aux déchets, on voit vraiment la différence en termes de volume des poubelles blanches. C’est clair que ça demande un peu plus d’organisation mais, du point de vue éthique et écologique, cela n’a rien à voir ! ».

© Dominique Duchesnes
© Dominique Duchesnes